17.10.2008

5 octobre, 23h33 - Donald Harstad

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C'est une lectrice qui a progressivement perdu le goût de lire des polars/thrillers qui vous le dit : Donald Harstad révolutionne le genre. C'est par hasard que j'ai acheté ce 5 octobre, 23h33, et je vais me jeter sur ses précédents romans traduits en français :

Onze jours, Code 10 et -30° (tous parus en poche en Points, ce roman-ci à paraître également en poche très bientôt)

Et un prochain arrive en broché le 6 Novembre : 4 jours avant Noël

Alors de quoi s'agit-il ici ? Nous sommes dans l'Iowa, comté de Nation, notre personnage principal est le shérif Carl Houseman. Alter ego de l'auteur, lui-même policier dans l'Iowa depuis plus de vingt-cinq ans. C'est à partir des enquêtes qu'il a lui-même menées qu'il développe ses intrigues, avec un luxe de détails et de précisions qui nous plongent entièrement dans son quotidien.

Ca commence par un appel nocturne d'une jeune fille, terrifiée. Ils la retrouvent sur le toit, vraiment terrorisée, car elle a vu à la fenêtre de sa chambre (au 3° étage d'une immeuble, sans escalier de secours et sans balcon) un visage très blanc, avec de longues dents, semblant flotter dans l'air, qui lui a demandé la permission d'entrer. Elle a hurlé "Non, non !" et a cédé à la panique, appelant la police avant de s'enfuir.

Quelques jours plus tard, son petit ami est retrouvé assassiné, avec une étrange blessure au cou; mais c'est la découverte du corps de la nièce du chef de police, dans sa baignoire, avec la même plaie au cou qui va véritablement lancer l'enquête. La population s'enflamme avec l'arrivée sur place d'un chasseur de vampires...

Soyons clairs, Carl ne croit pas aux vampires, et ce n'est en rien un roman fantastique. Mais ce qui se passe dans les campagnes est souvent bien plus terrible que la réalité...

Palpitant, mystérieux et implacable : cette façon de décortiquer presque heure par heure le déroulement de l'enquête, de nous introduire dans la vie la plus intime du héros, menée par une plume sèche et sans fioritures est magistrale. On retrouve ce côté hypnotique des meilleurs, plus on avance dans l'intrigue et plus on lit vite, en se réjouissant très fort d'entendre enfin une voix unique, originale et tout à fait personnelle.

Séduite.

 

Ed. Le Cherche Midi, Collection Ailleurs, 2007, 358 p., 21 €

Traduit de l'anglais (USA) par Gilles Morris-Dumoulin

Titre original : Code 61

08.10.2008

Les dents de l'amour - Christopher Moore

moore.jpgHuit siècles c'est long. Elie Ben Sapir s'ennuie. Par hasard, il mord Jodie, pimpante petite nénette de vingt-six ans. Quand elle se réveille deux jours plus tard de sous une poubelle, son bras qui était resté à découvert est complètement cramé. Le voyant se régénérer à vue d'oeil, elle comprend (lentement) qu'elle est elle aussi devenue un vampire.

Tommy, petit gars de vingt ans fraîchement débarqué de l'Indiana, espère trouver à San Fransisco l'Aventure. Il se voit dans le sillon de Kerouac, il écrira de toute façon, dit-il. En attendant, il se fait arnaquer immédiatement et partage sa chambre avec cinq chinois qui lui offrent des fleurs.

Jodie et lui se rencontrent, et vont s'entraider, sous les yeux amusés de Ben Sapir; c'est que leur conduite est inattendue. Ne connaissant rien au mythe du vampire, c'est dans les romans qu'ils vont chercher des informations. La fiction se révélera-t-elle digne de confiance ?...

Christopher Moore est drôle, c'est entendu. Mais il est également fort, très fort, car on ne s'ennuie pas une seconde, il n'y a pas d'outrance et l'intrigue est prenante, séduisante et c'est un excellent moment de divertissement. Impossible de passer à côté !

(Le dernier rebondissement comporte une impossibilité évidente. La tatillonne que je suis aimerait beaucoup en discuter avec celles et ceux qui l'auront lu, histoire qu'on me détrompe... :-D)

 

Ed. Calmann-Levy, Octobre 2008, 317 p., 19 €

Trad. (USA) de Luc Baranger

Titre original : Bloodsucking Fiends

 

"Aujourd'hui, cinq Chinois m'ont demandé en mariage, dit-il.

- Félicitations, répondit Jody qui ne savait que répondre.

- Je n'ai pas accepté.

- Vous réfléchissez ?

- Non, ça reviendrait à vous doubler.

- C'est gentil, mais techniquement ça me quintuplerait.

- Je vous aime bien, dit-il en souriant. C'est vrai."